Topo alpinisme: arête SW du Pic Sud de la Font Sancte

font sancte

Vars (05) est une station de ski franchement tournée vers le freestyle et le « tout canon », mais pas que. Le Val d’Escreins, sur la même commune pourtant, est heureusement préservé de tout ça, un peu trop même car la route d’accès ouvre très tard au printemps et il faut alors porter longtemps les skis avant de chausser … jamais content!
Le « massif » de la Font Sancte dans son ensemble est un joyau de wilderness accessible par plusieurs versants, un paradis de la randonnée à ski, à pied, de la grimpe (secteurs de la Saume) mais aussi de l’alpinisme facile (et oui le Pic Nord culmine à 3385m).

L’arête SW du sommet sud est une belle ligne logique qui se parcours aisément sur une longue journée, pour peu que l’on apprécie les heures de marche contemplatives. Enfin contempler point trop il ne faut, car parfois le rocher est carrément pourri et il vaut mieux surveiller où l’on pose le pied. D’ailleurs je tenais à préciser à Alpisud que nous n’avions pas trouvé les 10% de rocher excellent, une autre fois peut être!
Ceci dit l’ambiance là haut est terriblement belle. Ne vous laissez pas décourager par nos récits terrorisant, on en rajoute tous un peu pour se faire passer pour des alpinistes.

topo arete sw font sancte

Dénivelé:
1600 mètres positifs.
Horaire:
Compter dans les 10h aller-retour.
Difficulté:
La course est cotée F+ en bonnes conditions (complètement sèche ou alors en neige transformée sûre à cramponner). Les difficultés sont concentrées sur les derniers 200 mètres en rocher souvent pourri, cette section devient délicate avec de la neige fraiche.
Matériel:
Casque, baudrier, corde de 30 mètres, sangles. Piolets, crampons souvent indispensables, voir même quelques petits coinceurs si la sortie est fraichement enneigée.
Refuge (optionnel):
Refuge de Basse Rua (www.refuge-basserua.fr).
Itinéraire de montée:
Suivre le chemin jusqu’à l’Oratoire puis continuer à monter sur une sente en direction de la Font Sancte. Au point 2685 contourner une zone de barres par le droite (cairns) et joindre le col 3078 (sente dans des éboulis ou névés). On peut également passer par le point 2795 en contournant les barres par la gauche.
Suivre une sente escarpée sur la gauche (W) de l’arête la plupart du temps, jusqu’à une brèche à droite du gendarme 3174. Et là il est temps de s’équiper.
Descendre 5 mètres versant nord de la brèche, traverser quelques mètres et remonter une cheminée sur la droite. Remonter une vire raide sur 10 mètres pour ensuite traverser à gauche et rejoindre le haut du couloir jusqu’à son sommet. Sortir à gauche par une cheminée pourrie pour rejoindre un petit plateau sous le sommet. Par des dalles faciles mais expo, et en rocher bien moyen, gagner le sommet.
Itinéraire de descente:
Idem, demandant de la prudence jusqu’à la brèche.
Voir les conditions de notre sortie sur Camptocamp:
www.camptocamp.org/outings/811505/fr/pic-s-de-la-font-sancte-arete-sw

arete sw font sancte val escreins

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Topo alpi facile et sauvage: traversée des Avoudrues

traversee avoudrues

Les Avoudrues sont probablement plus gravis en ski de rando qu’à pied, en s’arrêtant au sommet 2625. Pourtant la traversée du sommet principal jusqu’à la Pointe de Bellegarde est une superbe course d’alpinisme facile et panoramique.
A chaque fois le lac des Chambres est différent. Il peut être en eau, gelé, avec des icebergs flottant ou posés au fond car toute l’eau c’est infiltrée dans le sol calcaire. On ne le découvre qu’au dernier moment, à la sortie des Eaux Froides. Après le lac on rejoint et on remonte le glacier du Folly, réduit à peau de chagrin, mais qui cette année heureusement ne semble pas avoir trop souffert, même si ce n’est qu’un répit. Un glacier dans les Alpes à si basse altitude c’est exotique non? Puis il est temps de déambuler sur cette crête panoramique avec le Massif du Mont Blanc au loin, le Cirque du fer à Cheval et les grandes étendues sauvages de la Vogealle et de Folly à portée de main, surplombant l’alpage de Salvadon.
Amateurs de solitude, de wilderness, ne ratez pas cette course oubliée même par les hauts savoyards (je ne parle même pas des « chamoniards ») et arrêtez vous au refuge du Folly. L’accueil de Charlotte et Tendi vous comblera (l’estomac entre autre), et vous donnera lui aussi probablement envie de revenir pour d’autres courses sauvages dans le Haut Giffre. Ya de quoi faire et le début d’automne est idéal…

Dénivelé:
Dans les 1600 mètres suivant le parking de départ.
Horaire:
1h30 pour monter au refuge, 3h pour le sommet des Avoudrues, 1h pour traverser à la Pointe de Bellegarde. Pour la descente minimum 3h (jusqu’à la voiture) suivant l’itinéraire choisi.
Difficulté:
PD mixte, 5a max mais court et spité qui passe en tire-clous. Rien de bien dur mais il faut le pied un peu alpin et s’assurer en mouvement sur une arête. Attention à l’horaire pour les conditions de neige (corniches) en début de saison.

Matériel:
Bonnes chaussures de rando, piolet, crampons (à sangles suffisants), baudrier, 3 sangles, corde 30 mètres, 3 dégaines, descendeur et quelques mousquetons à vis, casque.
Refuge (optionnel mais fortement conseillé):
Refuge du Folly, www.refuge-du-folly.fr.

Itinéraire de montée:
Du lac des Chambres remonter le « glacier » du Folly puis joindre la brèche évidente (voir photo ci-dessus) par de l’escalade facile. De cette brèche grimper un court mur spité vers l’ouest avec un relais à son sommet, puis atteindre facilement le sommet principal des Avoudrues. Revenir en arrière, descendre ce mur par un petit rappel. Continuer vers l’est sur l’arête, on tombe rapidement sur un ressaut raide de 10/15 mètres qui se descend en rappel ou par une corde fixe qui était en place lors de notre passage. La suite jusqu’à la Pointe de Bellegarde est beaucoup plus facile (on peut se décorder si on a l’habitude du terrain à chamois).

Voir également le topo de Camptocamp (www.camptocamp.org/routes/55235/fr/les-avoudrues-traversee-avoudrues-pointe-de-bellegarde)
Itinéraire de descente:
Depuis la Pointe de Bellegarde, soit revenir au refuge par le Grand Névé (le plus court), soit descendre sur Salvadon par la Boîte aux Lettres, soit (beaucoup plus long) traverser le col des Chambres, puis Pas à l’ours, Vogealle et Pas du Boret.

Voir les conditions de notre sortie sur Camptocamp:
www.camptocamp.org/outings/806530/fr/les-avoudrues-traversee-avoudrues-pointe-de-bellegarde

Pour terminer de vous convaincre voici un petit timelapse, pris du sommet vers le sud, avec les gnôles qui passent devant le sommet du Mont Blanc.

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Nouveau topo Piola: The Aiguilles Rouges 2

piola nouveau topo aiguilles rouges

Michel Piola vient de sortir la version anglaise de son topo d’escalade sur les Aiguilles Rouges et la vallée de l’Eau Noire (Mesure, Praz Torrent, Vallon de Bérard, Tré Les Eaux, Perrons de Vallorcine, Barberine, …).

Mais comme l’explique Michel, il s’agit bien plus qu’une simple traduction de la version française:
« Ce nouveau topo propose beaucoup de nouvelles voies qui sont de vrai bijoux selon moi. Je pense par exemple aux voies en trad aux Perrons avec la longueur en 7b+ d »El Nino » (voir le film « Passion d’ouverture, ») à « Nessie » et ses 14 longueurs à la Tête à Lugon, au « Fantôme de l’opéra » à Barberine en 12 longueurs avec ses boucliers de dalles improbables où on se protège sur petits coinceurs pour du 6a+ max, ou encore au « Magicien d’Oz », toujours à Barberine (ndlr: la voie « Piola » sur Camptocamp est enfin baptisée!).
J’insiste sur le fait que mes topos de la vallée de Chamonix et alentours sont les seuls dont les bénéfices tirés de la vente vont entièrement à l’équipement et ré-équipement de voies. Avant de faire un topo, il faut équiper ou ré-équiper plutôt que de profiter du travail des autres… »

piola topo escalade aiguilles rouges

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Topo alpinisme: traversée des Ruan

ruan arete est

N’ayant pas envie d’aller en refuge sur le massif du Mont Blanc durant un weekend de beau temps attendu impatiemment par beaucoup d’alpinistes frustrés, comme nous, d’un printemps très pluvieux, nous avons choisi une option sauvage avec la traversée des Ruan dans le sens est-ouest. Beaucoup de neige, aucunes traces récentes de passage et quelques rares cairns, cette grande ballade permet de vivre une intense journée d’alpinisme varié où il faut aimer marcher, chercher et contempler. Si on ajoute à cela une approche la veille par Salvan et le col de Susanfe, sous l’orage et l’austère Grand Revers de la Tour Sallière, le tableau est beau, teinté du noir des schistes et du calme des lieux, entre Mont Blanc et Valais.
Je me suis dis que proposer un topo détaillé de cette course, parfois paumatoire, agrémenté de photos et tracés, pourrait vous donner envie à vous aussi de sortir des sentiers battus pour vivre cette belle aventure qui en vaut réellement la peine.

Merci à Fabienne pour son accueil attentionné à la cabane de Susanfe (susanfe.ch), un joli petit refuge pour randonneurs simple mais confortable, où l’on ne mange pas de confiture industrielle ni de pain rassi au petit déjeuner.

Altitude mini:
2090 mètres environ, le torrent sous la cabane.
Altitude max:
3057m, le Grand Ruan (sommet suisse).
Dénivelé:
Dans les 1400 mètres positifs refuge-refuge.
Horaire:
Nous avons mis 11h00 refuge-refuge en nous perdant pour trouver les câbles (plus de cairns en début de saison, on les cherchait trop à droite, et vu le mauvais temps de la veille nous n’avons pas pu observer l’itinéraire), en traçant les arêtes sommitales en neige molle, en assurant Xavier pour descendre sur les échelles des Ottans car ses crampons bottaient, et en devant sortir des échelles en rappel car le câble était sous la neige.
Compter 9h00 dans des conditions plus simples me parait réaliste.
Matériel:
Matériel de glacier, corde de 50 mètres, 8 dégaines, 3 sangles, chaussons d’escalade inutiles mais des chaussures confortables et solides oui!
Difficulté:
L’arête Est en elle-même est cotée AD+ (5b, 4c obligatoire), cette cotation correspond également à l’ensemble de l’itinéraire. C’est à dire AD+ en rocher équipé pour la première partie de l’arête Est, et AD+ pour l’ensemble de la course avec tous les passages en mixte, neige et terrain à chamois où il faut avoir le pied montagnard et être attentif pour s’assurer efficacement en se déplaçant.
Ne pas négliger la longueur et l’engagement de cette course, on peut se sentir seul et il faut faire la trace…
Conditions:
La course sera plus agréable en début de saison, particulièrement pour remonter la Grande Pente en neige plutôt qu’en éboulis. Evitez néanmoins d’y aller trop tôt en saison car la neige et les corniches peuvent poser des problèmes sur les arêtes ainsi que pour atteindre et descendre les échelles.

topo traversee ruan

Itinéraire:
La montée au refuge peut se faire par le Pas d’Encel (Champery) ou depuis Salvan (Van d’En Haut, c’est plus long mais très joli. Voir susanfe.ch/acces/.
Pour plus de clarté, je vous décris la course en 8 sections que vous retrouverez sur la photo ci-dessus et dans la galerie plus bas:
– 1/La première barre.
Descendre sous le refuge, traverser le torrent, suivre une petite sente (si pas de neige) et passer globalement la barre de gauche à droite. Une queue de cochon à la sortie permet d’assurer le second. Ce n’est pas idiot de repérer ce passage de jour la veille.
– 2/Les câbles.
Remonter légèrement en oblique sur la droite après la première barre, en passant à gauche et au dessus d’une première petite barre, pour venir buter sous la grande falaise noire. Suivre la vire sur la droite, les câbles sont derrière, sur l’autre versant.
– 3/La Grande Pente.
A remonter au mieux suivant l’enneigement pour sortir sur le plateau à gauche des crevasses.
– 4/L’arête Est
La première partie, la plus difficile, globalement en traversée sur la droite est bien équipée de spits mais le rocher est assez délicat. Lors de notre passage la première longueur était sous la neige. Elle serait délicate suivant l’état de la rimaye (prévoir quelques coinceurs?).
Pour la suite le rocher est parfois très mauvais, parfois bon et rugueux, avec quelques queues de cochons par ci par là pour l’assurage. Il suffit de monter facilement 50 mètres pour traverser un petit couloir sur la gauche afin de rejoindre la belle arête que l’on suit aisément jusqu’au sommet (neige possible).
– 5/Du Grand Ruan au Mont Ruan.
Une arête évidente entre le sommet suisse et le sommet français, facile si déneigée, qui peut être étroite et cornichée en début de saison.
– 6/Descente de l’arête Ouest.
Depuis le sommet français, descendre une courte pente d’éboulis plein ouest, le relais du premier rappel se trouve sur les premiers rochers légèrement à droite. Par un rappel de 20 mètres environ trouver un relais (un peu foireux) sur des sangles autour d’un bloc, en rive gauche du goulet. Par un autre rappel de 20 mètres également, sortir de ce couloir en rive droite par des dalles qui amène à la pente (éboulis où neige) au pied de l’arête. Ne pas rester dans le goulet en dessous, mais le traverser pour atteindre les dalles (risque de chutes de pierres).
Un nouveau relais va prochainement être installé pour le deuxième rappel.
– 7/Traversée du Petit Ruan.
Facile et évident jusqu’au col des Ottans (kairns, sente). Méfiates des corniches en début de saison. On peut couper à droite sur le bas pour rejoindre le col plus rapidement.
– 8/Les échelles des Ottans.
Traverser versant nord légèrement sur la gauche pour longer le haut des falaises. Suivre vers le nord une sorte d’éperon bien visible sur les cartes. Les échelles, raides, plongent à droite. Ne pas négliger cette section, si elle est enneigée cela reste de l’alpinisme exposé.

Plus d’infos sur les conditions de notre sortie du 3 juillet:
www.camptocamp.org/outings/774461/fr/mont-ruan-grand-ruan-arete-e-descente-par-arete-w

Voir également le topo du Bureau des Guides de Champéry:
www.guides-champery.ch/offres-ete/alpinisme/274-la-traversee-des-ruans

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Ski: nouvel itinéraire extrême dans les Dents du Midi

ski face nord haute cime

Après deux tentatives, Basile Marclay et Steven Avanthay ont ouvert un nouvel itinéraire de ski de pente (très) raide dans la face nord de la Haute Cime (3257m, Dents du Midi, Suisse). Ils ont pu chausser au sommet et avec 2 rappels (l’un de 40m et l’autre de 5m) skier l’itinéraire « 2 » tracé sur la photo ci-dessus, le 5 mai 2016. Basile et Steven ont skié l’itinéraire « 1 » le 19 mars 2016 mais sans partir du sommet (depuis le col en haut du grand couloir évident).

Vous trouverez les descriptifs précis sur Camptocamp:
www.camptocamp.org/routes/736228/fr/face-n-marclay-avanthay
www.camptocamp.org/outings/754684/fr/dents-du-midi-haute-cime-face-n-marclay-avanthay

Alors qu’un créneau de beau temps sur Chamonix a permis l’ouverture de nouvelles premières (Vivian Bruchez, Jérémy Janody et Cédric Pugin à la Pointe de la Fouly par exemple, voir montagnes-magazine.com) et répétitions extrêmes, il se passe aussi des choses ailleurs! Steven et Basile vivent tous deux dans le Val d’Illiez et ont tout skié, ou presque(…) sur les Dents du Midi. Ceux qui ont une idée de la raideur et de l’austérité du versant nord de ces montagnes comprendront.

Steven est menuisier-charpentier. Agé de 25 ans il vient de reprendre l’entreprise de son père:
« Passer le guide? Il me faudrait une deuxième vie pour ça, mon travail me plait et me prend cinq jours par semaine. Une pratique en amateur de la montagne (ndlr: ski, escalade, alpinisme estival et hivernal) me convient parfaitement même si travailler comme guide de haute montagne me plairait aussi probablement. »
Quant à Basile; il est en train de terminer une formation dans la charpente et la menuiserie lui aussi. Montagnard dans l’âme, il a skié le couloir de la Dent Jaune avec son père à l’âge de 12 ans, et skiait son premier 5.1 le même hiver. Ne parlons pas de ses talents de parapentiste. D’ailleurs c’est depuis sa voile qu’il a pris certaines des photos de la face nord de la Haute Cime.

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VidéoTOPO ski: autour du refuge du Viso, Queyras, 18 au 20 avril 2016

Nous avons passé 3 superbes journées à skier autour du refuge du Viso du 18 au 20 avril. Ce bout du monde queyrassin sans 3G ni wifi est très calme et reposant. Plusieurs sorties de difficulté et dénivelé modérés sont à portée de main, alors que les plus acharnés pourront se diriger vers l’Asti ou même le Tour du Viso qui d’après Paul, le gardien, peut se faire à la journée depuis le refuge, moyennant 2300m de dénivelé. Il vous fera un plaisir de vous expliquer ce parcours dans ce secteur qu’il connait comme sa poche et adore.
En marge des itinéraires classiques beaucoup de petits couloirs et de petites pentes esthétiques permettent de s’amuser. Nous nous sommes contentés d’un rampe à la Pointe Joanne, la chute de neige la veille de notre arrivée ainsi que le vent soufflant pendant cette chute et les deux jours suivant cette chute nous ont dissuadés de trop jouer…
Les lieux sont également très propices à la rando estivale, au trail, à l’escalade en grandes voies et aux traversées d’arête.

mont viso queyras

ACCES AU REFUGE DU VISO (refugeduviso.ffcam.fr)

C’est long et plat si vous pouvez aller en voiture jusqu’à la Roche Ecroulée (2h30/3h), voir très long (3h30/4h) si la route est fermée à l’Echalp! Heureusement le parcours est beau et facile, même si il faut se méfier des coulées en cas de mauvaises conditions (beaucoup de neige fraîche et/ou forte chaleur). Globalement en cas de doute préférer la rive droite du Guil, particulièrement juste avant le belvédère du Viso. La vallée se rétrécit à cet endroit et le passage en rive droite, plus haut, est plus sûr que le passage sur le bord du torrent en rive gauche.

ROCA DEL CASTELO (2957m), EN ALLER-RETOUR PAR LA MONTAGNE DE MOTTE

Voilà un joli petit sommet qui se skie rapidement en aller-retour depuis le refuge, parfait pour se dégourdir les jambes après la montée au refuge par exemple.

Itinéraire :
Du refuge du Viso descendre en traversée plein S jusqu’au point 2418.
Mettre les peaux et se diriger en traversée WNW pour rejoindre la Montagne de Motte à gauche du pt 2600.
Ensuite suivre des combes peu inclinées vers le SE pour rejoindre le sommet W juste avant le sommet principal.
Altitude mini :
2418m, le creux du vallon sous le refuge.
Altitude max :
2955m, le vrai sommet est à peine plus haut mais malcommode à atteindre en chaussures de ski (quelques pas d’escalade, probablement facile, mais sur une crête effilée).
Dénivelé positif :
600m environ si on compte la courte remontée au refuge.
Horaire approximatif :
3h30
Matériel :
Matériel habituel de ski de randonnée.
Difficulté et passages clés :
Course assez sûre car la pente est faible, la plupart du temps inférieure à 30°. Se méfier de la première traversée sur la droite (dans le sens de la montée), et d’un plaque possible sous le sommet.

Plus d’infos sur Camptocamp :
www.camptocamp.org/outings/754479/fr/roca-del-castello-par-la-montagne-de-motte

POINT JOANNE (3052m) EN TRAVERSEE PAR LE COL DE VALANTE

La Pointe Joanne est un beau sommet assez imposant, du sommet on croirait presque pouvoir toucher le Mont Viso. Elle peut se gravir en aller-retour par sa combe/face NW, mais la boucle décrite ci-dessous permet de voir du pays en terminant par une arête esthétique et facile.
Sur la vidéo on ne skie par l’itinéraire classique dans son intégralité, mais une rampe sur la droite de la combe pour sortir.

Itinéraire :
Du refuge descendre en traversée vers le SE jusqu’au point 2418.
Monter au col de Valante soit dans le goulet soit un faisant un détour par la droite.
Skier plein S jusqu’à l’altitude 2550m environ, avant le grand replat. Prendre un raidillon à droite, traverser vers l’W la combe du Gias del Boeuf pour atteindre la combe sous la Punta Seras. Remonter facilement cette combe vers le N en passant sous des cabanons militaire, par l’arête S atteindre le sommet.
Altitude mini :
2418m, le creux du vallon sous le refuge.
Altitude max :
3052m
Dénivelé positif :
1150m au total
Horaire approximatif :
5h
Matériel :
Habituel + crampons.
Difficulté et passages clés :
La partie italienne du parcours est orientée plein S, il faut donc partir assez tôt. L’arête S peut nécessiter de chausser les crampons si la neige est dure.
ATTENTION aux plaques à vent dans la combe NW, particulièrement après la départ le plus raide, et à gauche sous le col de Soustres (accident en 2009). Voir sur www.data-avalanche.org.

Plus d’infos sur Camptocamp :
www.camptocamp.org/outings/754502/fr/pointe-joanne-par-le-col-de-valante

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Le nouveau topo « Mont-Blanc GRANITE » est disponible!

topo mont blanc granite couverture

Voilà je l’ai! Depuis notre passage au refuge d’Argentière (voir cette news du 23 août 2015) où Béa et Fred nous en avaient parlé, j’attendais impatiemment la sortie de ce topo des voies d’escalade sur le granit du bassin d’Argentière. Je reviens juste du bureau de JMEditions (www.jmeditions.fr) où François Damilano vient de me remettre un exemplaire du nouveau « Mont-Blanc GRANITE » tout nouveau tout chaud.
Du Minaret au Plateau du Jardin en passant par l’Aiguille du Génépi, 99 voies sont présentées sur 212 pages, avec une version anglaise et une version française.

François explique:
« Voilà le résultat d’un an et demi de travail à trois (ndlr: François a collaboré avec Julien Désécures et Louis Laurent), les cartons sont enfin là après le stress et l’effervescence des dernières heures de corrections et de tergiversations avant d’envoyer la maquette à l’imprimeur.
C’est le premier tome d’une série d’ouvrages qui vont combler les trous dans la couverture des voies d’escalade du massif du Mont Blanc par les topos existants, sans entrer en concurrence avec le topo de Michel Piola sur le secteur de l’Envers des Aiguilles.
Le bassin d’Argentière est un secteur oublié pour la pratique de l’escalade en haute montagne alors qu’on peut y grimper beaucoup d’itinéraires de tous niveaux sur un excellent granit. Par exemple la Tour Jaune est comparable au Grand Capucin alors que l’Aiguille du Refuge permet une escalade plus sereine à vingt minutes du refuge. Evidemment il faut rappeler que l’escalade sur coinceurs demande un minimum de niveau technique, de connaissance et d’expérience.
Durant l’été 2015 nous avons grimpé ou re-grimpé 70 à 80% des voies décrites dans le topo, pour les autres ce sont les ouvreurs qui nous ont fourni les informations nécessaires au descriptif. Nous n’avons pas retenu les voies dangereuses, les voies avec un accès scabreux et les itinéraires d’alpinisme. C’est un topo d’escalade et les voies proposées se grimpent en chaussons avec souvent une descente en rappels.
Dans les descriptifs nous avons porté une attention particulière aux croquis, tracés et textes afin qu’ils soient complémentaires et clairs pour garder une cohérence qui est essentielle. Travailler à trois permet un recul indispensable pour obtenir ce résultat. »

Le topo sera rapidement disponible dans les librairies et magasins spécialisés. Si vous ne le trouvez pas, contactez JMEditions pour une commande en direct (commande[@]jmeditions.fr, sans le « [ » et le « ] »). Et profitons de toutes ces longueurs de granit qui nous tendent les bras pour cet été! Dommage que les Grands Montets ferment dimanche car le beau temps semble revenir et les accès à ski vont être très pratiques et agréables pour beaucoup des itinéraires présentés. Mais que voulez vous, il faut rentabiliser au maximum ma petite dame (voir www.boursorama.com).

topo mont blanc granite

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VidéoTOPO ski: Brèche de Bérard, 10 mars 2016

breche berard ski rando

Après 2 semaines de pause me revoilà sur les skis, septique sur les conditions vu les chaleurs que nous avons eu en vallée dernièrement. Finalement nous avons fait du bon ski à la Brèche de Bérard et la montagne est plus enneigée que le 28 mars de l’année dernière (heureusement me direz vous!). Il manquait juste une journée de soleil en plus pour transformer les quelques centimètres de neige froide déposés l’avant-veille qui ont tendance à coller aux semelles des skis quand le soleil frappe. Et comme souvent certains passages de la traversée sous la Pointe Alphonse Favre étaient bien bétons et/ou en boules.
Nous avons pu casser tranquillement une graine à la Brèche Julien et moi, alors que des dizaines de randonneurs montaient au Buet ou traversaient au col de Bérard.
Les couteaux sont par contre indispensables en ces conditions printanières, voir même les crampons que j’ai préféré chausser pour rejoindre la Brèche plutôt que de galérer sur les skis dans les boules d’avalanches gelées de la grande traversée finale. Julien n’avait pas des couteaux et a tout fait en crampons, sans glisser sur les peaux.
La descente du vallon de Bérard passe encore très bien, il faut juste déchausser sur 50 mètres à la sortie de la forêt avant de rejoindre les champs puis le village.
Vous trouverez plus bas une descriptif de l’itinéraire ainsi qu’une « vidéo-topo » de l’itinéraire. Après la « vidéo-topo » de la Dent de Barme, voici un deuxième jet. Beaucoup de choses sont encore à améliorer, ça va venir petit à petit pour aboutir l’hiver prochain je l’espère à une production beaucoup plus aboutie.

Itinéraire :
Du sommet du téléski de la Floria (station de la Flégère, Chamonix) rejoindre le col des Aiguilles Crochues, c’est raide de suite, pas d’échauffement. Une longue traversée vers le nord puis l’ouest sous les Aiguilles Crochues et la Pointe Alphonse Favre permet de rejoindre la combe d’Envers Bérard où l’on remet les peaux à 2250m environ.
Après un premier raidillon on rejoint des pentes modérées puis l’arête facile entre la Petite Aiguille de Bérard et l’aiguille proprement dite. Juste avant le premier ressaut raide de cette arête, traverser vers le nord à l’horizontale jusqu’au pied de la Brèche, 50 mètres au nord de l’Aiguille, que l’on rejoint facilement à pied sur les derniers 20 mètres. Il est possible de passer également par le sommet de l’Aiguille, l’itinéraire est alors plus alpin.
La descente s’effectue plein Est en se décalant progressivement vers la gauche (barres) pour rejoindre le plat du refuge de la Pierre à Bérard, puis le village de Buet.
Retour à Chamonix en train.

Altitude mini :
1329 mètres (village de Buet)
Altitude max :
2701 mètres (col des Crochues)
Dénivelé positif :
150 mètres puis 400 mètres
Horaire approximatif :
5 heures au total

Matériel :
pack habituel de ski de randonnée avec couteaux et crampons

Difficulté et passages clés :
Les pentes ne sont jamais raides (40° max à la descente, 45° max à la montée) mais certains passages demandent de l’attention.
L’arrivée au col des Crochues se fait quasiment tout le temps avec les skis sur le sac. Même si des marches sont souvent creusées les crampons peuvent être utiles. Se méfier et ne pas tenter de pousser le plus possible avec les skis aux pieds, surtout sans les couteaux.
La longue traversée sous la Pointe Alphonse Favre est exposées aux coulées par temps doux. Il faut souvent skier dans les boules d’avalanches et la trace peut être gelée. Le plus délicat étant à la fin.
Attention aux plaques à vent dans la traversée en versant Ouest sous l’Aiguille de Bérard pour atteindre la Brèche. Même chose pour les 500 premiers mètres du versant Est, lors de la descente sur Bérard.
La descente du vallon de Bérard en rive droite sous 1550 mètres peut proposer des passages acrobatiques, attention à ne pas chuter dans le torrent,
En résumé, la Brèche de Bérard est un bel objectif court et accessible mais demandant des bonnes qualités de skieur hors piste.

Plus d’infos sur Camptocamp:
www.camptocamp.org/outings/745422/fr/aiguille-de-berard-traversee-crochues-breche-de-berard

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