17 avril 2024
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[RETOUR D’EXPERIENCE] 3,5 ans sans blessure…

blessure escaladeJe ne m’étais pas blessé depuis décembre 2019. Mais en ce mois de mai 2023, j’ai fait plusieurs erreurs conduisant à un enchaînement de blessures dont je vais mettre longtemps (?) à me remettre.

La saison 2022/23 a été épuisante. J’ai trop travaillé le soir, et beaucoup trop donné pour le milieu associatif (c’est important l’associatif, surtout à notre époque). La toxicité d’un fabricant français de mur d’escalade, ainsi que la difficulté à se faire accepter dans un gymnase par les gardiens et un autre club sportif de la commune, ont pimenté la sauce. Malgré tout cela, je tenais encore bien les prises après un entrainement hivernal efficace et un pic de forme prévu et atteint en avril pour les vacances de roche.
J’ai enregistré le podcast ALLEZ! avec David le 23 mai. J’y pensais trop souvent durant les quelques jours précédant ce rendez-vous. Je n’ai jamais fait ça et j’avais peur que le rendu ne me convienne pas. Bref, cela m’a stressé. Je n’avais pas confiance en moi, je doutais. Durant ce podcast, j’ai expliqué avec assurance que je faisais hyper attention à l’organisation de mon entraînement car mon corps est fragile. Et qu’ai-je fait le lendemain de cet enregistrement ? Dans une session courte, car j’ai eu des imprévus le matin, et que j’allais être en retard pour la séance d’un groupe, je me suis lesté et j’ai fait de la force. Un vrai crétin. Le dos va lâcher le lendemain, puis 2 doigts la semaine suivante. Une névralgie me coupant la sensibilité dans l’index droit va complexifier la chose, associée à la découverte d’une hernie cervicale, probablement plus ancienne. Bref, un gros bordel. J’ai serré les dents pour le mois de juin (j’aurais dû me mettre en arrêt de travail) et l’été en retrait m’a servit à me remettre en bonne santé. Bien avant de penser à reprendre l’entraînement et la vraie grimpe. Ca a été long et… intéressant.

Voici donc ci-dessous le bilan que je fais des grosses erreurs commises. J’espère que cela pourra vous aider dans la gestion de votre pratique de la grimpe. Je vous invite également à lire cet article où je parle des blessures aux doigts. Ces deux articles se complètent bien.


Erreur 1 : ne pas avoir tenu compte de mon état de forme

Si je relis cet article que j’ai publié en décembre 2022, je dois concéder que j’ai dévié durant le mois de mai. J’ai fait quelques séances de bloc, de force, ou de rési courte, en n’étant pas réellement en niveau de forme 2 sur 3…
Niveau de forme 1,5, cela n’existe pas. C’est 1 ! Il faut savoir l’accepter.
Facile à dire à mes clients, moins facile à appliquer sur moi-même.

Erreur 2 : ne pas avoir respecté les grands principes de l’organisation de l’entraînement

Les grandes règles de la planification de l’entrainement ne datent pas d’hier. Elles n’en sont pas moins incontournables. Microcycles (une semaine), mesocycles (3 à 5 semaines), et macrocycles (1 ou 2 par an) sont des concepts simples et efficaces.
Quelle a été mon erreur par rapport à ces principes ? M’entrainant depuis janvier, avec une période de forme en avril et beaucoup de travail prévu sur le mois de mai, il est évident que j’étais sur la fin de mon premier macrocycle de l’année.
J’aurais dû viser une pratique plus variée et dilettante sur la période mai-juillet. Puis reprendre progressivement l’entraînement sur le mois d’août. De toute manière, il fait globalement trop chaud pour grimper de juin à septembre. Je préfère grimper à la cool en montagne, ou marcher.

Cette vidéo ci-dessous vous en apprendra plus sur les bases de l’organisation de l’entraînement. Mais globalement, avec une pause de 5 jours sans grimpe toutes les 4 semaines, et une pause de 10 jours 2 à 3 fois par an, vous serez dans une démarche respectueuse de votre corps.

Erreur 3 : le piège de la progression

Voilà un piège bien vicieux. Tu peux être fort, mais fatigué. Paradoxal non ? Je m’explique. Si ton entraînement est bien mené, tu vas progresser. Cela voudra dire par exemple réussir des blocs ou des voies de difficulté plus élevée. Ou réussir des passages connus avec plus de facilité Ou tenir plus longtemps en suspension avec la même charge. Etc, etc.
Et donc, même en étant fatigué, tu pourras produire un niveau de performance plus élevé que ce que tu étais capable de faire quelques semaines ou mois auparavant. Même, je le répète, en n’étant pourtant pas en grande forme. C’est parfait pour se voiler la face et ne pas accepter de se reposer ou de faire une séance à basse intensité.

Une porte grande ouverte pour l’égo ! D’où l’intérêt de bien garder une trace écrite de ses entrainements, avec des repères fiables de niveau de forme et de performance.


Quelle est la différence entre grimper et s’entraîner ? Fondamentalement, il s’agit d’organiser sa pratique. Cela passe par une forte auto-discipline pour le respect des règles fondamentales de fonctionnement du corps humain et de ses propres particularités (physiologiques, psychologiques et anatomiques). Tout en incluant les paramètres de la vie privée et de la vie professionnelle. Il faut savoir parfois être rigide, pour accepter la difficulté des séances, mais aussi accepter d’en faire généralement moins, ou moins dur, ou moins souvent que l’envie ne nous pousserait à en faire. C’est pour moi le plus difficile. Accepter la frustration pour la voir comme bénéfique car révélatrice de votre motivation. Il faut beaucoup de recul et de confiance en soi pour éviter ce vieux conditionnement néfaste du “no pain, no gain” (voir cet article).
Le jeu en vaut chandelle pour une progression optimisée, avec le minimum de blessures (rares sont ceux qui ne se blessent jamais), sans surmenage, ni surentraînement.

J’ai horreur de la phrase : « ce qui ne tue pas rend plus fort ». Elle n’est pas bienveillante. Je préfère apprendre de mes erreurs.

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