[RETOUR D’EXPERIENCE] Analyse morpho-anatomique chez Rudy Coia
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Cela fait bien deux ans que j’échangent régulièrement avec Rudy Coia. Je l’avais contacté après l’avoir entendu dans un podcast durant lequel il parlait de l’évolution du monde du fitness avec le cocktail “réseaux sociaux + influenceurs + coachs en bois” (Rudy n’a pas la langue dans la poche). J’avais besoin de repères pour anticiper les évolutions de la grimpe vers l’escalade via l’explosion des salles commerciales de bloc (voir ce lien).
Rudy a énormément d’expérience, de recul, mais surtout c’est un des tous grands experts du fitness, de la musculation, du renforcement musculaire, ou encore de la préparation physique. Quel que soit le nom que tu donnes à cette pratique, et qu’elle soit coachée en présentiel ou à distance.
Et au mois de juillet, j’ai enfin réussi à trouver le temps pour me rendre dans sa salle de musculation privative et confidentielle (comme notre Arquée Libre), à proximité d’Annecy. Je lui ai demandé un “coaching premium” avec une analyse morpho-anatomique. Je lui ai précisé ma demande : je veux progresser en traction et en front lever (afin d’en tirer des enseignements pour ma propre méthode d’entrainement).
Passer de l’autre côté du miroir, pour découvrir une expérience et une expertise hors du commun
Pour moi qui ait coaché des dizaines et des dizaines de grimpeurs depuis plus de 15 ans, c’est une sacrée aventure que de passer de l’autre côté du miroir. Etre questionné, montrer comment tu réalises tel geste, voir Rudy prendre des notes. Ce renversement de la perspective m’a donné le vertige.
Et le vertige ne s’est pas dissipé. Quand Rudy a simplement commencé à me palper, à évaluer ma mobilité, à tester ma force sur certains patterns, j’ai été stupéfait de son efficacité, et de la pertinence de ses observations.
Tout à l’oeil, et au toucher. Comme il le dit, les “capteurs ça ne sert à rien”. Et là les révélations, sur mes faiblesses et manques, tombent. Je me voyais tester les doigts ou le gainage d’un client en quelques exercices très simples et rapides.
Des choses à améliorer ou soigner
Je savais que j’ai des longs bras, mais pas que j’avais un profil de gorille! Avec des bras et surtout des avant-bras très longs. Un buste long. Né pour pousser/tirer du bas et tirer du haut. Ce qui est bien pour la grimpe.
Pas mal de choses sont à revoir, en voici quelques-unes :
– Des chevilles raides en dorsiflexion.
– Des avant-bras et poignets raides “comme des briques”. Rudy a été surpris de ça, c’était drôle de le voir découvrir un vieux grimpeur !
– Des rotateurs externes et internes des épaules trop faibles (et oui encore…).
– Des “cordes” (tensions) dans divers muscles, dont les soléaires des deux mollets.
– Une sangle abdominale à renforcer.
J’ai rapidement amélioré ces deux derniers points avec des exercices prescrits par Rudy.
Des mollets “détendus” ont effectivement amélioré beaucoup de choses. J’avais en partie réalisé que depuis la fin de l’hiver j’avais un “inconfort” dans les mollets en falaise, sur les voies longues et techniques. C’était désagréable. Merci le rouleau pour l’automassage.
Pour les abdominaux, cela m’a effectivement fait du bien de repasser par du gainage non-spécifique à la grimpe (on en reparlera dans un prochain article peut être). Et je fais plus attention désormais à cette partie de la préparation physique, de manière plus régulière (les jours sans grimpe). Il m’apporte plus de solidité, comme par exemple dans ce type de crochet de talon sur une prise un peu plate (photo ci-dessous).
Une préférence motrice PRIMORDIALE qui déconne encore
Allez, le gros morceau maintenant. Ceux que j’entraine connaissent bien les exercices dit “antagonistes” que je propose avec un élastique, des poids ou aux anneaux/TRX (voir vidéos ici). On en fait quasiment à chaque fin de séance. Pour éviter d’avoir les épaules enroulées vers l’avant, le coup tendu, les muscles rhomboïdes qui souffrent, les tendinopathies aux coudes (internes ou externes), etc. Mais également pour être plus fort dans les mouvements de compression, les montées d’inversées, et les blocages classiques, tout simplement.
Je pensais avoir réglé ce problème pour mon cas personnel, n’ayant plus de douleurs depuis une petite dizaine d’années. Et ben non…
Sans même me demander d’effectuer une traction, Rudy va mettre le doigt sur un énorme défaut que je n’ai pas réglé dans une des préférences motrices essentielles à la grimpe. Comme lorsqu’on griffe une prise alors qu’on pense arquer (cela m’est encore arrivé de constater ce défaut la semaine dernière… voir cette page).
Avec quelques tests de résistance (sans utilisation de capteur), et l’observation de mes mouvements, Rudy met le point sur un énorme problème : j’effectue incorrectement le pattern de traction avec mon bras droit.
Prends ta claque : tu es coach escalade, et tu fais mal la traction !
Pour être plus précis
Ce que Rudy a rapidement détecté, lorsque je bouge le bras droit, est que j’utilise mal des muscles de la face postérieure de l’épaule et de mon dos. Sur les photos ci-dessous, on voit que grâce à ses conseils, je commence à activer ces muscles (ce qui me demande à ce moment-là un sacré effort de concentration). Avant le début de cette prise de conscience, il y avait “un trou” dans ce rond rouge, c’est à dire des muscles relâchés. Dommage, je n’ai plus la photo…
Ne me demandez pas une grande précision dans ces explications, c’est Rudy Coia l’expert (voir cette page par exemple). J’ai néanmoins compris que je devais premièrement consciemment activer ces muscles (grand dorsal, trapèzes moyen et inférieur, grand rond et grand dorsal, etc). Pour ensuite automatiser cette préférence motrice et gagner en force lors de son utilisation. Ainsi je serai plus fort, et je solliciterai moins mon trapèze supérieur (avec tous les problèmes que cela engendre : les muscles du cou ne sont pas censés servir à fermer le bras!).
Quelques jours après la séance, je recevais un bilan précis avec des exercices et une progression à suivre. Dont des exercices en isométrique (statique). D’ailleurs, je reviens de plus en plus souvent à cette méthode dans les planifications. On ne jure que par la puissance et l’explosivité, mais la grimpe, cela n’est pas que de la vitesse!
Quel problème cela pose dans ma grimpe?
Bref, je suis rentré impressionné par l’expertise de Rudy, et j’ai commencé à bosser un peu sur ces thèmes. Planifiant de vraiment m’y mettre en août, après les vacances toutes proches. Mais lors d’une séance avec la communauté de l’Arquée sur le 45, j’ai vu une chose terrible sur cette photo de mon essai précédent. Quand je force dans le raide, j’ai encore l’épaule droite dans l’oreille, et le coude qui monte… Heureusement, c’est moins marqué sur le côté gauche.
On voit nettement le “trou d’absence de contraction musculaire” qu’a révélé Rudy. Si je vous ai déjà coaché, vous demandant de baisser le coude lors de votre grimpe, cela doit bien vous faire rire. J’ai du travail sur la planche, tout comme Alex Megos et Aidan Roberts en photo ci-dessous.
Et cela reconfirme que Rudy avait vu très juste, sans rien y connaitre à la grimpe.
Une fois de plus j’ai beaucoup appris, mais cette fois ci pas grâce à un livre, une vidéo, ou ma pratique et les questionnements récurrents. J’ai beaucoup appris en rencontrant un expert de son domaine de compétence.
J’en retire deux choses, que certes je savais déjà mais que cette séance m’a bien rappelé :
– Rien ne remplace l’expérience. L’expérience de pratique personnelle, l’expérience d’entraineur, tout en allant voir ailleurs pour approfondir ou se former dans de nouveaux domaines.
– Les changements prennent du temps et demandent de la discipline. Et l’entraînement, c’est chercher des changements positifs, des améliorations.
Conclusion : j’ai encore plein de choses à apprendre et peaufiner. Et aussi, heureusement, des nouvelles choses à PARTAGER avec vous pour vous ACCOMPAGNER avec plus de CONNAISSANCES et d’efficacité. J’adore.








