27 août 2026

Les différentes préhensions (positions des doigts) – Pour mieux s’entraîner

En construction.

Sur le web, dans les livres, on trouve énormément d’erreurs sur les dénominations des préhensions (comme ici, ou encore ).
Est ce grave? Si on ne parle que de dénomination, non. Par contre, si tu t’entraines en semi-tendu pour progresser en arqué, il y a un soucis. Et le je vois souvent. Et pire, si tu suis les publications de grimpeurs inexpérimentés, te proposant par exemple la préhension « griffe », alors ça cela devient dangereux.

Comprendre et connaitre les préhensions, c’est le premier pas pour discerner celles que tu maitrises de celles où tu es faible, que tu ne sais pas faire et/ou que tu évites. C’est donc l’étape indispensable pour commencer à entrainer tes doigts en fonction de tes manques, de tes faiblesses, de tes points forts et de tes objectifs.
Et c’est souvent en lien avec tes caractéristiques mentales, techniques et musculaires (plus largement qu’au seul niveau local des avants-bras). Bref, avec ta grimpe tout simplement.

Pourquoi maîtriser le plus de préhensions possible ?

Avant le listing descriptif, un dernier détour explicatif. Parlons de polyvalence, mais également de protection par rapport aux blessures.
Avoir de la force dans une préhension est protecteur. Cela te permet de recruter, pour les mêmes mouvements, les mêmes prises, grâce à un niveau de force maximal plus élevé, un pourcentage plus faible de cette force maximale. Et donc de moins solliciter les structures musculaires, ligamentaires et tendineuses. Le fatigue ainsi également minimisée.
La maitrise polyvalente de plusieurs préhensions te permet de varier les préhensions pour le même type de prise. Cela limite là aussi la fatigue, te donne plusieurs options en cas de douleur ou de blessure cutanée, et permet plus d’ajustements techniques possibles (La prise est trop loin? Je passe en tri tendu et op je gagne 3cm d’allonge! Ce n’est qu’un exemple.). Et oui, tout est lié si on prend du recul.

Allons y, voici comment je classe les préhensions, on parlera même du « bac »! Ce n’est que mon avis lié ma méthode d’entrainement, je n’ai pas tord ni raison…

Arqué ou tendu?

Commençons par définir les termes de grimpeurs que sont « arqué » et « tendu ». Sur un seul doigt pour être plus clair.
Nous allons également parler des articulation interphalangienne de la main (lien Wikipédia).

Un doigt en tendu

doigt arqué escalade climbing open hand

Ce doigt travaille en tendu. L’articulation interphalangienne distale (le rond noir le plus éloigné de la main) et la proximale (le rond noir plus proche de la main) sont en flexion. L’angle formé est inférieur ou égal à 180°.
Un grimpeur expérimenté saura ajuster cet angle pour plus ou moins jouer sur la friction de la peau et ou le calage de l’angle de l’articulation sur l’angle de la prise. C’est une sorte de « curling » ou overcoming que certains confondent avec la préhension « griffe ». Mais là on part dans les détails de fanatiques, je vous les épargne…

Un doigt en arqué

arqué escalade climbing crimp

Ce doigt force en arqué. L’articulation interphalangienne distale est alors en extension (angle supérieur à 180°). Mais l’articulation interphalangienne proximale est en flexion prononcée (angle approximatif de 90°).
Cet angle varie selon les personnes, la configuration de la prise, etc. Un grimpeur expérimenté saura faire varier cette angle consciemment. Il diminuera ou accentuera ainsi les contraintes sur les poulies et articulations.

Les préhensions de base

Le plat

La préhension plat et tendu sont souvent confondues. Et clairement, elles sont différentes et doivent être utilisées et entrainées avec discernement.

Le tendu

Le semi-tendu

Comme évoqué dans mon introduction, semi-tendu et semi-arqué sont très souvent mélangées. Alors qu’elles sont très différentes.

Le semi-arqué

Le « full » arqué

Les combinaisons

Des variantes, certes, mais des préhensions que j’utilise beaucoup et souvent pour l’entrainement. Et vous les utilisez énormément sur le rocher, souvent sans vous en rendre compte. Je les appelle donc des combinaisons. On combine des préhensions différentes en faisant varier le nombre de doigts utilisés. Vous noterez que le semi-arqué et le semi-tendu sont déjà des combinaisons.

Le pouce pour les pinces – une variante également?

Il serait excessif de définir la pince comme une variante de préhension. L’effort à fournir par le pouce pour s’opposer au quatre doigts longs est spécifique et entrainable. Pas de doutes.
Par contre, la position de ces doigts longs peut varier. Entre le plat, le tendu, le semi-arqué, le semi-tendu et l’arqué. Faut-il entrainer toutes les variantes? Je ne pense pas, il faut toujours se méfier des effets de mode. S’entrainer en pince plate est important, en semi-arqué utile. Pour faire plus, il faut vraiment avoir du temps disponible en excès!

Le coincement

Coincements de mains, de poings, de doigts, … je laisse ce domaine aux spécialistes de la fissure. Je ne le maitrise pas.

LA préhension à éviter: la « griffe »

Malgré ce qu’on peut trouver parfois sur Youtube, n’utilisez pas la préhension « griffe ». Sauf si vous voulez vous arracher les ongles, ou pire, vous blesser aux articulations. Je la vois relativement régulièrement chez les grimpeurs de 6a/6c, bloqués dans leur progression. Avec un gros manque de force, et des blessures récurrentes. Je ne vais pas la décrire avec précision, les images suffisent.
Allez… sur les grosses écailles ou réglettes très positives, parfois, ou au milieu d’une voie quand personne ne te voit, pourquoi pas…

Pour conclure

Maitriser un maximum de préhensions est un réel atout dans vos qualités de grimpeur. Pour votre niveau max et pour éviter les blessures aux doigts. La polyvalence est à acquérir avec patience et reste toujours à peaufiner. Il y a beaucoup de subtilités à découvrir (l’orientation du poignet par exemple). Des subtilités qui ne sont pas accessoires…
On parle des doigts mais on pourrait aller plus loin. On appuie sur un plat, on tire sur une réglette, on se pend sur une prise en tendu. Cela induit des synergies musculaires différentes également aux niveaux du poignet, du coude, de l’épaule et du dos. Des synergies à apprendre et on bascule alors dans le renforcement musculaire plus global, ainsi que dans l’expertise technique spécifique. Des sujets sans fin!