Moniteur d’escalade : un métier également sanitaire et social, quand c’est possible…

Etre moniteur/coach/entrainer d’escalade, ce n’est pas que faire grimper les gens. Cela ne s’arrête pas non plus à les rendre autonomes et à les faire progresser en termes de cotation.

Finalement, ce qui me plait le plus dans ce métier actuellement, c’est d’aider mes clients à prendre confiance en eux. Notre vieille société fonctionne beaucoup en mode négatif et pour progresser en escalade il faut savoir positiver. Il est également indispensable de ne pas se décourager devant les difficultés pour récolter les fruits de ses efforts plus tard. Quand j’arrive à changer un petit peu ça dans leurs têtes et leurs comportements, je me sens vraiment utile. C’est un des aspects de ma profession auquel j’accorde encore plus d’importance lorsque j’interviens avec des adolescents-tes. Quand je vois en début d’année quelques filles de 15/18 ans qui se cachent dans le coin de la salle pour ne pas essayer de faire des tractions devant le groupe, puis que quelques mois plus tard elles y vont et se détachent du regard des autres, je me dis que j’ai réussi quelque chose d’important. C’est également valable avec des garçons bien sûr. Mais si l’égalité homme-femme était une réalité dans notre monde, ça se saurait !

On s’occupe donc de la tête, mais aussi de la santé physique. S’échauffer, boire et manger avant la séance (surtout quand la journée de cours a été interminable), travailler les muscles antagonistes et le gainage pour préserver son dos. Ces routines resteront un minimum ancrées, je l’espère, dans la tête de la plupart des grimpeurs dont je me suis occupé. Elles les aideront peut-être pour toute leur vie à être en meilleure santé. Qu’ils soient très ou peu sportifs.

Le gouvernement français a choisi de protéger en priorité les personnes âgées de notre société durant cette interminable crise de la corona virus (sans améliorer notre système de santé). C’est légitime, surtout que ce sont eux qui ont l’argent et votent. De toute manière, je ne vais pas entrer ici dans un débat statistique facebooquien.

Soyons responsables, soyons civiques, soyons patients… la vie normale reprendra bientôt. Mais cela n’est pas si simple. Déjà, la vie normale d’avant on n’en veut plus car on sait où elle nous mène. Si j’en reviens à notre jeunesse, il ne faut pas croire que la réouverture des gymnases, des salles de sport et le reprise des activités en club va se faire sans que des dommages irréversibles soient déjà commis. Tous les jeunes, déjà légèrement en surpoids pour certains et/ou apathiques, qui ont passé 3, 4 (?) mois sur les réseaux sociaux tous les weekends sans voir les potes vont-ils reprendre le sport dès que cela sera possible ? Ce n’est malheureusement pas si mécanique, on ne peut pas parler d’une simple interruption, pas à cette période charnière dans la vie d’en être humain. Une période qui conditionne la future vie d’adulte. Cette crise, mais je dirais plutôt sa gestion en rapport avec les activités sportives (sans parler de l’artistique et culturel) de la jeunesse, va avoir de très graves conséquences sanitaires que nous paieront dans plusieurs dizaines d’années (parlons en argent, c’est ce qui compte le plus). Avoir des citoyens en mauvaise santé physique, et psychologique, ça coûte très cher ! En plus ils seront moins productifs.

Je ne crois pas un assouplissement des mesures sanitaires à la fin janvier, il faudra encore attendre pour avoir un accès aux salles de grimpes privées et aux gymnases. Je ferai de mon mieux pour redonner une dynamique aux cours et entrainements que j’anime et je ne veux pas croire à une année blanche. Moniteur, coach, entraineur, et donc éducateur comme on l’oublie trop souvent. En tout cas il est certain qu’on ne repartira pas de 0, mais de –10. Et certains seront descendus du train.

Fred Vionnet

Coach escalade en Haute Savoie. Pas contre une grande voie non plus. Mais on va à Céüse, Fontainebleau, Buoux ou encore les Gorges du Verdon quand vous voulez.

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