Jamais deux sans trois, virée automnale au Yosemite

Jamais deux sans trois, virée automnale au Yosemite
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elcap yosemite salathe wall

La Vallée du Yosemite incarne la grimpe à  l’échelle américaine. Nous, les européens, sommes souvent saisi par ce sentiment de ne plus jouer à la même échelle qu’à la maison. Plus besoin de présenter ses mythiques emblèmes que sont le Half-Dome et El Capitan. C’est pour gravir ce dernier que je reviens une troisième fois dans cette vallée.

Ma première fois, une rencontre plutôt intime avec une jeune maman ours avait sensiblement compliqué les choses! Sagesse et couardise avait supplanté enthousiasme et naïveté.

La deuxième fois, un mal des rimaye carabiné avait terrassé mon compagnon à la redescente du Half-Dome.Le bivouac de Big Sandy Ledge et les longueurs sommitales lui avait offert plus d’émotions qu’il n’en espérait.

Cette fois-ci fut la bonne! Epaulé d’un solide pilier comme on n’en fait plus que dans les Pyrenées, ce ne pouvait être qu’une belle virée.

Après quelques échauffements de rigueur dans de belles classiques comme la face nord du Rostrum pour le libre et Washington Column pour aérer les étriers, nous avons paqueté le bag et pris direction de Salathé Wall, en face sud-ouest d’ElCapitan.

Rostrum north face Yosemite

Face nord du Rostrum

La stratégie adoptée fût légèrement différente que le classique “Fast and Light” souvent de rigueur dans nos parois alpines. N’étant pas là tous les quatre matins on a opté pour une option “Light and Enjoy your Time”. Light parce qu’un sac léger c’est tout de même plus agréable à hisser qu’une grosse patate, et Enjoy your Time parce qu’il serait dommage de se presser dans une telle voie. Pour une fois qu’il n’y a pas de risque de chutes de pierre, de conditions de regel à surveiller, de zones de crevasses à négocier, on en profite à fond!!

Roof salathe wall el capitan Yosemite

The Roof, une belle longueur d’artif.

De bas en haut tout est beau. Le rocher est excellent, les fissures épurées, les protections bétons. Au fur et à mesure que l’on s’élève, la paroi se redresse jusqu’à légèrement dépasser l’axe de la verticale dans le Headwall. Les bivouacs se font sur les luxueuses vires que sont Heart Ledges, El Cap Spire et Long Ledge.

Il n’y a rien à jeter, cette voie mythique tient ses promesses jusqu’au bout!

Salahte headwall jumar yosemite El Capitan

 Au sommet du Headwall.

Alors “Jamais deux sans trois” d’accord. Mais si vous m’autorisez un “Jamais trois sans quatre”, j’y retourne volontiers au printemps prochain.

Des motivés?

 

Thibault Beck

Guide de montagne haute... et sauvage.

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