Nouveau baudrier Phantom Beal

baudrier escalade phantom beal

J’ai la chance de grimper depuis quelques semaines déjà avec le nouveau baudrier Phantom Beal (et pas Fantom, la réforme de l’orthographe n’est pas encore passée par là, on se détend…). Ce harnais est particulièrement dédié à la grimpe sportive (voir la fiche technique).
Confort, aisance dans les mouvements, légèreté (325g en taille M, contre 280g pour un Hirundos Petzl ou 340g pour un Arcteryx SL-340), ce baudrier est franchement au top. Quand au tarif, il peut même passer sous les 50€
(en grattant chez quelques supermarchés du web si on oublie le conseil client), ce qui est un sacré argument pour un baudrier haut de gamme non?

baudrier escalade phantom beal

Vidéo: Kevin Lopata dans “Jour de chasse” 8c

Après “Misti”, Kevin Lopata nous délivre une nouvelle vidéo avec “Jour de chasse” (8c), toujours sur le grès de Fontainebleau. Un petit son électro simple et bien choisi, des images de haute qualité, de superbes jeux de lumière lors de l’enchaînement, un bloc complexe et physique, bref je aime!

Vous pourrez voir aussi Kevin dans “Mécanique élémentaire” (8b+) sur le même bloc.

Vidéo: Alban Levier à l’entrainement

Alban Levier a frappé très fort la semaine dernière avec la première répétition de “l’Alchimiste” (Apremont, Fontainebleau, voir la vidéo). Ce 8c bloc a été ré-ouvert par Nalle Hukkataival en 2015 en sortant par la droite, suite à une casse de prise de la version originale de Marc Lemenestrel. Voici une petite vidéo bien faite le montrant à l’entrainement sur le plastique. Certes la réalisation y va fort sur le placement de produits, mais bon les anglo-saxons ne se gênent pas eux, alors pourquoi pour nos athlètes français également?
Depuis Charles Albert a fait la sortie de gauche, pieds nus, et annonce 8b+ (lire l’interview). J’attends avec impatience la vidéo tellement j’ai du mal à y croire.

Vidéo: Enzo Oddo et Kevin Aglaé dans les Grampians (Australie)

Enzo Oddo et Kevin Aglaé dans les Grampians (Australie) en mai 2015: une petite musique sympa, du rocher orange, la ligne tripante de “Eye of the tiger”, l’amitié, si ça vous fait pas envie vendez vos chaussons!

#globalfreezing Alphonse Favre et glacier du Mort

pointe alphonse favre aiguilles rouges

Incroyable, après plusieurs buts dus aux conditions nivologiques et à la chaleur, j’atteins enfin le pied d’une montagne en dehors d’un domaine skiable, de plus sans transpirer! Il faut dire que le vent d’ouest était annoncé comme fort dans l’après-midi, mais dès 10h30 il nous a déjà pas mal secoué à la sortie du couloir qui mène à la pointe Alphonse Favre, surtout avec les skis sur le sac qui font prise au vent. Du coup il ne faisait pas chaud et on n’a plus l’habitude, c’est tellement rare et ponctuel actuellement.
Sinon les conditions pour marcher et porter les skis étaient au top, un régal… Pour ce qui est du ski rien de passionnant, vraiment, de la neige dure qui gratte un peu, demandant de l’attention au début de la descente pour entrer dans la combe du glacier mort, puis un vallon de Bérard en neige dure qui glisse beaucoup, mais heureusement avec peu de pierres et de la neige jusqu’à Buet.
Bref pour les septiques du réchauffement enlevez les peaux de sauc’ et achetez vous des lunettes. J’ai au moins la bonne conscience d’avoir utilisé les transports en commun depuis la maison pour la balade.

CR de la sortie du CamptoCamp:
www.camptocamp.org/outings/716849/fr/pointe-alphonse-favre-traversee-col-des-crochues-glacier-du-mort-depuis-la-flegere

Vidéo: David Lama et Conrad Anker au Lunag Ri

David Lama et Conrad Anker tentent la première ascension du Lunag Ri (6907m, frontière tibeto-népalaise). Ces deux alpinistes sont de sacrés clients, ils tentent le tout pour le tout avant l’arrivée du vent et du froid intense mais doivent renoncer. Comme quoi un échec peut être beau aussi… ça me réconforte vu tous les buts que je me prends en ski de rando en ce moment!

David Lama qui en a profité pour visiter le village d’origine de son père (David est autrichien) raconte:
“Atteindre le sommet aurait été une superbe réussite. Néanmoins nous avons toujours nos doigts que nous avons du réchauffer durant la descente. Ils nous seront utiles pour la prochaine tentative que nous avons en tête pour l’année prochaine”.

Le Tour du Mont Blanc des Annapurnas

Le Tour des Annapurnas est un des musts du trekking népalais, himalayen et mondial qui connait un immense succès depuis les années 1980. De la jungle à la haute montagne, entre civilisations hindoue et bouddhiste, ce périple équipé de logdes nombreux et confortables représentait un parfait trek pour le touriste vivant l’aventure exotique de sa vie, comme pour le montagnard découvrant l’Himalaya avec ses montagnes puissantes peuplé d’habitants si divers et attachants. Une économie du trekking florissante (lodges, boutiques, restaurants, porteurs, guides, …) s’est développée sur le tracé même du “Round Annapurana”, alors que les agences de trekking népalaises et occidentales misent beaucoup sur la vente de ce parcours, ce qui est largement justifié par sa beauté, sa longueur (de 16 à 18 jours pour le parcours complet classique), et sa difficulté modérée (le col le plus élevé est à 5400m mais la montée est progressive). Malgré toutes les difficultés politiques et les catastrophes naturelles subies, le Népal change fort heureusement, se modernise lentement (lire cet article) et l’on peut désormais parler au passé du Tour des Annapurnas tel que nous avons été des centaines de milliers de “couïlés” (blancs en népalais) à le suer et le savourer.

tour annapurna nepal

Le chemin ancestral qu’en tant que touristes nous avions le privilège d’emprunter, avec ses incessantes successions de montées et descentes casse-pattes, a été sur une grande partie du parcours remplacé ou doublé d’une piste 4×4. Les 2 seules sections du trek qui ne sont pas touchées sont celles entre Manang et l’altitude de 4800 mètres environ en descendant sur Muktinath (et oui, la route se rapproche de plus en plus du Thorung La sur son versant Mustang!) et la fin du trek depuis Tatopani et remontant vers Ghorepani pour ensuite redescendre sur Pokahara ou traverser vers le Sanctuaire des Annapurnas. Sur toutes les autres sections il faudra très souvent marcher sur une piste poussiéreuse quand l’ancien tracé a été détruit ou n’est plus entretenu. “Heureusement” pour nous la circulation était faible en ce mois de novembre, “grâce” à la pénurie d’essence provoquée par le blocus indien. Néanmoins on est vite mis dans le bain, c’est à dire dès Bulbhule, en passant à proximité d’un énorme complexe hydro-électrique en cours de construction par une entreprise chinoise, et en cédant la place aux bus bondés se rendant à Jagat où à quelques Jeeps. Un tracé alternatif a semble-t-il été mis en place dans la Khali Kandaki, nous en avons emprunté la première étape passant par Lupra, ce qui fut une très belle journée. Ayant ensuite pris l’avion à Jomosom, nous ne pouvons vous en dire plus pour la suite.
Kangsar, Ngawal, Ghyaru, tous ces villages authentiques sont encore épargnés mais cela est une question d’années ou même de mois car les travaux sont en cours et avancent. Le plus choquant est l’arrivée à Muktinath. La tête encore à 5400m avec les horizons du Dolpo plein les yeux, après être passé par les temples mythiques de cet endroit sacré pour des centaines de millions de personnes dans le monde, on se retrouve parmi des immeubles en béton de mauvais goût poussant comme des champignons, harcelé par des pénibles vendeuses de souvenirs qui ne te lâchent pas à chacun de tes passages. La route arrive ici depuis quelques années déjà et le bétonnage systématique est ici évidemment vite rentable étant donné l’immense clientèle potentielle se trouvant sur le sous-continent indien.

tour annapurna jomosom muktinath

Nous étions partiellement prévenus de ces évolutions du Tour des Annapurnas et cela ne nous a pas empêché de passer des supers vacances. De toute manière vu le peu de temps disponible pour ce voyage (17 jours au Népal au total), nous n’avions pas beaucoup d’options pour faire un trek varié, et encore on a écourté le parcours depuis Jomosom en prenant l’avion pour Pokhara comme je l’ai mentionné plus haut.
Alors pourquoi un titre d’article provocateur me direz-vous? Surtout de ma part alors que les trekkeurs réalisant le Tour du Mont Blanc passent à 10 mètres de chez moi, et que d’une manière même indirecte ils me font vivre. Ces touristes passant devant chez moi en marchant sur la route goudronnée avant de monter vers le col de Voza savent à l’avance qu’inévitablement ils vont traverser des zones habitées, urbanisées, que le parcours est morcelable avec l’utilisation de moyens motorisés et qu’en fond de vallée des routes sont construites. Par contre pour les touristes réservant en toute confiance leur package “Tour des Annapurnas” via une agence népalaises ou occidentales, les choses ne sont pas claires sur le type de chemin de trekking qu’ils vont rencontrer et leur grande majorité découvrent sur le tas la nouvelle donne. Selon moi c’est inadmissible de prendre ainsi les gens pour des idiots. Regardez par exemple cette fiche technique de l’agence française Terres d’Aventure. Est-il mentionné au client qu’il va marcher sur un chemin 4×4 durant plusieurs jours dans la vallée de la Marsyangdi? En cas de reproche au guide durant le trek ou à l’agence directement après le voyage, je suis certain que l’argument “c’est tout nouveau les choses changent vite” sera avancé. Foutage de gueule, la motorisation de la vallée de la Marsyangdi est en cours depuis bien des années déjà, et il est du devoir des professionnels du trekking d’être informés de l’état de ce qu’ils vendent quand il ne s’agit pas de paramètres de dernière minute imprévisibles.
Il n’est pas question de refuser aux Népalais le droit au progrès! Tout habitant de Manang par exemple a le droit de pouvoir prendre une voiture pour se rendre à l’hôpital en cas de problème de santé, où de faire venir ses enfants depuis leur école de Kathmandou pour quelques jours de congé, sans avoir à s’imposer 4 ou 5 jours de marche afin de rejoindre ou de remonter de la vallée. Mais prendre les touristes pour des imbéciles en leur vendant un trek en bois sous prétexte de traire la vache jusqu’à la dernière goutte en profitant de l’aura d’un trek prestigieux mais dégradé, c’est je pense de la malhonnêteté qui finalement dessert le Népal.

trekking nepal tour annapurna

Ces changements ne veulent pas dire que cela n’a plus d’intérêt de se rendre dans la région des Annapurnas. Il faut juste oublier l’ancienne version du tour du massif pour dorénavant se rendre en 4×4 à Manang ou Jomosom et profiter de toutes les excursion et ascensions intéressantes de un ou plusieurs jours aux alentours, pour ensuite éventuellement passer le Thorung La ou un autre col moins fréquenté. On passe du trekking de masse au tourisme de masse, et là bonjour les oedemes et accidents de montagne, ça va être le festival du n’importe quoi là haut durant les prochaines décennies. Cela permettra probablement aux villages élevés plus éloignés de croquer enfin dans le gâteau. Quand aux lodges plus bas en altitude ils ne verront plus passer aucuns trekkeurs à court terme, mais seulement des voitures sur leur pallier quand ils ont la chance d’être sur le bon versant de la vallée. A eux de s’adapter rapidement, on peut leur faire confiance pour se remettre en question plutôt que de se plaindre en regardant le monde changer. De toute manière ils peuvent eux toujours courir pour recevoir des aides…

muktinath trek nepal annapurna

Budget:
Prévoir 1200 NRs par jour et par personne sur le trek (hébergement et nourriture uniquement). En me basant sur mes souvenirs de 2007, je n’avais prévu que 1200 NRs pour 2 personnes par jour. Merci à Ram, propriétaire du lodge “Father and Son” à Tal, pour le prêt de 6000 NRs que nous avons reversé sur son compte à Kathmandou! Quelle gentillesse… Il nous aura fallu tout de même rationner la nourriture, ça affûte!

Nos étapes (temps globaux de marche, pauses comprises):
-Bulbhule-Tal 9h
-Tal-Koto 8h
-Koto-Upper Pisang 6h
-Upper Pisang-Kangsar 9h
-Kangsar-Lac Tilicho en 13h aller-retour (30km minimum), grosse mission
-Kangsar-Yak Karka 4h
-Yak Karka-Thorung Phedi 2h45
-Thorung Phedi-Yakawa Thorung Ri (petit lodge au dessus de High Camp) 2h
-Yakawa-Muktinath 6h
-Muktinath-Jomosom par Lupra 5h.

Les photos sont également visibles sur ma page Pinterest:
www.pinterest.com/grimpisme/trek-annapurna-nepal-novembre-2015/

GGM ouvre un possible 8c+ à Bleau

Nos grimpeurs de l’Equipe de France de bloc s’en donnent à coeur joie en ce moment sur le grès de Fontainebleau, et ça fait carrément plaisir de les voir perfer. La grosse croix vient de tomber par Guillaume Glairon Mondet qui expédie son gros projet (20 séances de travail sur 3 ans) avec le “Pied à Coulisse” annoncé à 8c+, rien que ça! Si la cotation est maintenue ce sera peut être même LA croix de 2016 (le bloc le plus dur de Bleau), et même si elle est un peu rabotée la performance reste énorme pour un bloc magnifique.

Plus d’infos sur le blog de Guillaume (c’est à lire!):
guillaumeglaironmondet.blogspot.fr